
Énoncé de politique :
Une approche individualisée à la promotion de la santé des
personnes âgées
Énoncé du problème
La promotion de la santé que l'on définit actuellement comme « le processus permettant aux individus et aux communautés de mieux contrôler et gérer leur santé » (traduction libre) (Charte d'Ottawa, Epp,1986; OMS, 1984, p. 3) présente des défis particuliers à ceux qui participent aux politiques, à la planification et à la prestation des services de santé destinés aux personnes âgées. L'un de ces défis tient au fait que plus de 80 % de personnes âgées souffrent de maladies chroniques (Conseil consultatif national sur le troisième âge, 1989). Les invalidités fonctionnelles et les maladies des aînés sont souvent traitées comme des affections aiguës et non comme des problèmes persistants qui nécessitent un engagement constant en faveur de la promotion de la santé et de la prévention de la maladie. C'est pourquoi les personnes âgées deviennent facilement des « patients » qui dépendent des professionnels pour gérer leur santé. Cette relation se traduit par une dévalorisation et un manque de confiance en soi qu'intensifient encore la discrimination fondée sur l'âge et les rapports de forces asymétriques entre personnes âgées et soignants professionnels (McWilliam et al., 1994).
Portée
Près de 80 % des personnes âgées se font aider pour accomplir au moins une activité, y compris toutes sortes d'activités essentielles de la vie de tous les jours (Conseil consultatif national sur le troisième âge, 1993), pourtant seules 20 % d'entre elles disent être très limitées dans leur autonomie et 64 % déclarent que leur santé est « bonne » à « excellente » pour leur âge (Conseil consultatif national sur le troisième âge, 1993). La grande majorité des personnes âgées souffrant de maladie chronique ont la détermination morale (Conseil consultatif national sur le troisième âge, 1990), les capacités mentales (Baltes, Kliegl & Dittman-Kohli, 1988) et la motivation (Benson et al., 1989; Hall et al., 1989; Higgins, 1989) nécessaires pour jouer un rôle proactif dans la promotion de leur santé.
Analyse des résultats d'études
On a constaté que, chez les personnes âgées, le fait de s'adonner à des activités de promotion de la santé améliorait les résultats de santé (Kaplan, Greenfield & Ware, 1989), le sentiment de maîtriser sa vie et d'être autonome (Berkowitz, Waxman & Yaffe, 1988), l'image de soi et, donc, l'autocontrôle (Braden, 1990; Smits & Kee, 1992), ainsi que la qualité de vie (Smits & Kee, 1992). On a associé la prise en charge personnelle à la vigueur intellectuelle, psychologique, comportementale et physiologique (Spinhoven et al., 1989). Ces conclusions suggèrent que les modèles de soins visant à encourager les individus à jouer un rôle proactif dans la promotion de la santé et la prévention de la maladie sont une composante importante des services de santé pour personnes âgées. En effet, nombre d'activités de promotion de la santé ont permis d'améliorer considérablement les taux de mortalité, l'autonomie fonctionnelle, les mesures du bien-être, la qualité de vie, l'auto-efficacité et les pratiques de santé (Leigh et al., 1992; Fries et al., 1993; Elder et al., 1995; Ruffing-Rahal, 1994; Cox and Parsons, 1996; McWilliam et al., 1999; Schweitzer et al., 1994; Hall et al., 1992; Hamdorf et al., 1992).
Recommandations
L'Association canadienne de gérontologie rejette le mythe sociétal qui veut que la promotion proactive de la santé parmi les personnes âgées n'ait aucun effet sur les intéressés et pense, au contraire, que la promotion de la santé est une priorité valable, même pour les personnes frêles et souffrant de maladie chronique.
L'Association canadienne de gérontologie soutient les efforts pour faire mieux valoir l'importance d'adopter une approche individualisée en matière de promotion de la santé et de soins préventifs pour les personnes âgées, et d'intégrer la promotion de la santé aux soins traditionnels axés sur la maladie.
L'Association canadienne de gérontologie appuie le financement public des activités de promotion de la santé et de prévention de la maladie s'adressant aux personnes âgées.
L'Association canadienne de gérontologie recommande que les établissements d'enseignement supérieur offrent davantage de cours sur la promotion de la santé individualisée et ses applications cliniques dans tous les domaines des sciences de la santé et du service social.
Nota : L'Association canadienne de gérontologie reconnaît aussi que les politiques de santé doivent bénéficier de l'aide de la communauté et s'appuyer sur le modèle de gestion de la santé de la population.
Approuvé par le Conseil d'administration de l'ACG
Le 26 octobre 2000
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