
Énoncé de politique :
Les soins à domicile au Canada
Énoncé du problème
Le Canada n'a pas de politique ou de programme universel et global sur les soins à domicile.
Portée
Les Canadiens ne jouissent pas en ce moment de soins à domicile universellement accessibles ; ces soins ne font pas partie du régime d'assurance-maladie. Les services offerts, les critères d'admissibilité et la tarification — importance et existence — varient d'une province à l'autre. Et pourtant beaucoup de personnes estiment que les soins à domicile constituent une composante nécessaire du système de soins de santé intégré qu'il convient d'avoir. Le Forum national sur la santé (1997), le Conseil consultatif national sur le troisième âge (1995), l'Association canadienne des soins à domicile (1996) et les Infirmières de l'Ordre de Victoria du Canada (1997) ont tous recommandé que les services de santé et de soutien communautaires complets soient reconnus comme des services essentiels dans le système de santé canadien.
En effet, la réforme des soins de santé des années 1990 dans presque toutes les provinces (Mhatre et Deber, 1992) ne fait-elle pas des soins à domicile la pierre angulaire du système complet de soins qu'il convient d'assurer aux personnes âgées et aux personnes de tous les âges.
Analyse des faits
Les partisans de l'élargissement des services de soins à domicile soutiennent que ces services sont opportuns et de bon rapport coût-efficacité. Les études sur l'optimisation des coûts ne sont pas concluantes. Nombre des premières études sur le sujet faites aux États-Unis (voir Chappel, 1994 pour une revue de ces études) constatent que les services de soins à domicile ne sont pas nécessairement plus efficaces par rapport au coût, bien que les personnes en bénéficiant disent qu'ils améliorent leur qualité de vie. Une des difficultés que posent ces études tient au fait qu'elles ne distinguent pas les différentes fonctions des soins à domicile : substitution aux soins de courte durée en milieu hospitalier ; substitution aux soins de longue durée en établissement ; et fonction de maintien et de prévention. Certaines études concluent que les soins à domicile sont rentables à condition qu'ils ne ciblent que les personnes qui auraient été mises dans un établissement. Weissert et al (1985), défenseur bien connu de la position que les soins à domicile ne sont pas moins coûteux que les soins de longue durée dans un établissement, a récemment soutenu qu'ils peuvent l'être (Weissert et al, 1997). Les chercheurs commencent à peine à examiner cette question de manière plus sophistiquée, plus particulièrement depuis que Santé Canada a créé le Fonds pour l'adaptation des services de santé (FASS). Un récent de rapport de la Saskatchewan (HSURC, 1998) conclut que les soins à domicile peuvent se substituer aux soins de courte durée en milieu hospitalier ; que les patients subissant un traitement médical ou chirurgical peuvent recevoir des soins alternatifs, surtout des soins à domicile, qui donneront les mêmes résultats à coût moindre. Pour que les soins à domicile servent à une telle fin, il faut que les malades sortent de l'hôpital au moment indiqué. Il fait peu de doute, semble-t-il, que les services de soins à domicile peuvent être rentables, la question est de savoir dans quelles circonstances et pour quel niveau de soins requis. Les aspects qualité de vie et opportunité des soins ne sont pour ainsi dire pas mis en cause — les gens préfèrent être dans un milieu familier, donc chez eux, lorsqu'ils sont malades.
Les faits suggèrent aussi que les soins à domicile sont sous-financés. En 1997-1998, à peine plus de 2 billions de dollars provenant des fonds publics ont été consacrés aux soins à domicile au Canada (Santé Canada, 1998) ; cela ne représentait que 4 % de la totalité des dépenses publiques pour les soins de santé. On estime en outre qu'environ 90 % des services de soins à domicile sont financés par des fonds publics (Sorochan, 1995). Si les budgets des soins à domicile augmentent d'un bout à l'autre du pays, les fonds additionnels qui y sont affectés n'égalent pas l'augmentation de la demande de soins postérieurs aux soins de courte durée résultant de la restructuration des soins de santé et la sortie plus hâtive des hôpitaux de soins de courte durée. Les soins de longue durée aux malades chroniques assurés par des services communautaires ne sont pas que menacés de diminuer, ils diminuent réellement. (Home Support Administrators of Greater Victoria and the Islands, 1998). En d'autres termes, il existe des motifs réels d'inquiétude concernant le sous-financement des soins à domicile au Canada.
Enfin, nous savons qu'entre 70 et 80 % des soins personnels offerts aux personnes âgées proviennent de réseaux informels constitués de la famille et des amis (Kane et Kane, 1985). La restructuration des soins de santé, qui s'est accompagnée de fermetures de lits d'hôpitaux et, à certains endroits, de fermetures d'hôpitaux, de sorties plus rapides des hôpitaux, d'une augmentation des chirurgies ambulatoires et d'une restriction sur la construction d'établissements de soins de longue durée, mais pas d'une augmentation comparable du financement des soins à domicile, a accru le fardeau que porte les soignants informels. On doute que les soignants puissent fournir plus de soins qu'ils ne font déjà, soins qu'ils procurent à un coût considérable pour eux (RIS MRC CFAS, 1998). Nous savons que l'absence de soignants informels est le plus grand prédicteur de soins de longue durée en établissement pour les personnes âgées (Shapiro et Tate, 1988) et que les soins à domicile peuvent prolonger les soins informels et prévenir l'épuisement des personnes assurant ces soins (Horowitz et Dobrof, 1982 ; Chappell, 1992).
Recommandation
L'Association canadienne de recommandent que les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux s'appliquent sans délai à mettre sur pied un programme de soins à domicile complets et accessibles à tous les Canadiens.
Ce programme doit :
Approuvé par le conseil d'administration de l'ACG
Le 21 avril 1999
On peut obtenir des références en s'adressant au bureau national de l'ACG à :
Association canadienne de gérontologie
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Toronto, ON M5T 3J1
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